La douille retombe, dans un silence de mort.
Pourquoi est-ce qu'on est allés jusque là, si c'est pour finir aussi mal ? Pourquoi est-ce qu'on a fait tant de miracles, si ce n'est que pour cette fin immonde ? Je ne sais pas, je ne sais plus rien ... Je ne peux plus que pleurer, sur ce corps encore chaud, qui, il y a à peine quelques secondes, m'aimait encore - je ne peux que pleurer, alors qu'encore une fois, il a fallut que tout se détruise devant moi ... Encore.
La douille retombée, le silence est de mort.
*
* *
J'aime cette musique.
C'est quoi, pour les autres ? Ils disent que c'est du bruit. Mais ils ne comprennent pas, moi, j'aime cette musique. J'aime pouvoir tenir la basse entre mes mains, j'aime pouvoir jouer plus fort encore, j'aime pouvoir sentir le son qui vibre ... Oui, j'aime cette musique. Je pourrais continuer à jouer de cette basse pendant longtemps, seule, assise dans le noir ... Parce que j'aime ma musique. Et que je hais le reste. Putain, j'aime ma musique !
Même, je préfère ma musique. Je préfère ma musique, dans ma chambre noire, dans ma chambre froide, dans ma chambre vide de gens... Je préfère ma musique dans mon monde vidé de gens, mais pas de musique..... Ma musique parle pour moi, moi qui suis sans voix ... Les autres pensent que ma musique, c'est du bruit, mais pour moi, c'est simplement qu'ils ne l'écoutent pas. Pas plus que moi. Je préfère ma musique, je la préfère à ce monde ignare, qui de toute façon, ne veut pas comprendre, ne veut pas entendre. Putain, j'aime ma musique !
J'aime cette musique, et c'est mieux comme ça. C'est mieux, cette musique, dans la chambre noire, avec personne : mieux que d'aller voir ces gens, et rester seule - puisque rester avec eux, c'est pas possible ... Oui, j'aime cette musique ... J'aime cette musique que personne ne semble comprendre, j'aime cette musique que je suis la seule à entendre, j'aime tout cela ... J'aime tant m'oublier dans ces notes puissantes, j'aime tant tout effacer avec la basse et la pénombre : j'aime ma musique ... Putain, j'aime ma musique!
Laissez donc moi seule, dans ma chambre noire - j'ai pour amie ma musique, et je ne serais pas seule - laissez moi sans personne; vous ne pouvez pas savoir à quel point je préfère ça. A quel point je préfère ma musique à tous ces gens idiots et vains, qui se croisent et qui se moquent de moi. C'est trop dur, pour moi, d'aller les voir encore et encore, de toute façon, ils ne comprendraient pas. Encore un accord, encore quelques notes : encore une seconde, encore une minute sans voir ce monde. Encore une seconde à vivre avec ma musique, dans ce monde si loin de tout ça.
Putain, j'aime ma musique !
La basse est posée, la lumière toujours éteinte, et après ce que j'ai fait, j'ai juste envie de dormir un peu. La pièce sent légèrement le renfermé, mais ouvrir les fenêtres, ça aurait amené de la lumière dans cette foutue chambre ... A ce que je sache, la basse et la chambre, c'est tout ce que j'ai qui soit réellement à moi. Quelle idée que de faire un institut comme ça ... Former des pauvres gamins, tous orphelins de naissance, à suivre des cours comme ça. Quand je dis comme ça, je dis les cours qu'on nous donne à l'institut, et c'est pas toujours très joli à voir. Pour un simple exemple, les profs peuvent utiliser les blâmes corporels - ça peut aller de la gifle au coups de fouets. Si je sors de ma chambre, je risque de me faire plus ou moins descendre par le proviseur - et par les élèves lèches bottes qui cherchent comment eux pourraient être exemptés de ces blâmes. Il fait chaud dans ma saleté de chambre noire, mais je suis trop épuisée pour essayer de prendre une douche. En plus, j'ai perdu les clefs et je ne sais pas comment bloquer la porte. Je suis simplement affalée sur le lit noir, fatiguée, avec une seule envie : dormir. Et je n'y arrive pas, il fait trop chaud.
On frappe à la porte ... Je devrais aller ouvrir. Mais non, je ne peux pas. Je suis trop fatiguée, ils me font tous chier dans cet institut ...
Il n'y en a qu'un qui soit à peu près potable, et je ne crois pas qu'il s'intéresse à moi. De toute façon, personne ne s'intéresse à moi : quelque part, ça vaut mieux. Le type à la porte insiste encore, pendant que moi je ris, d'un rire très jaune et un peu épuisé ; je finis par allumer la lumière, d'une main lourde ... Je vais ouvrir, je n'ai pas vraiment d'autre choix : si le type essaie d'entrer, il n'aura aucun problème. Et qui peut bien me rendre visite ? Un prof sûrement. Pour essayer encore de me traîner en cours. La chambre est mal rangée, je pousse tout sous le lit, encore fait - par miracle -, avec la basse par dessus.
J'ouvre la porte.
Je n'aurais pas dû. Je sais que je n'aurais pas dû. Pourquoi j'ai ouvert cette putain de porte? Je ne sais pas ... Maintenant, il est là. Lui, oui, lui ... C'est pas vrai, je n'y crois pas. Je suis contente qu'il soit venu, bien sûr ... Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Le garçon est simplement venu voir ce qu'il pouvait faire pour moi. Oh ... C'est gentil de sa part. Mais je ne vois pas pourquoi, vraiment ... Je me débrouille bien, seule. Mais qu'est-ce qu'il fait là ? En plus la chambre est en bordel, j'ai sué sur ma basse. Vous aurez compris, c'est bel et bien lui. La seule personne qui puisse me sortir de ma chambre. Je n'y crois pas - et comme à mon habitude, je joue les indifférentes. En fait, quand je rejoue la scène, je me rend compte que lui comme moi étions bien gênés. Je le montrais beaucoup moins que lui, mais n'empêche. On a fini par s'asseoir sur le lit, et il m'a donné les cours que j'avais manqués.
Comme si j'en avais quelque chose à faire, des cours. Si ce n'était pas lui, il aurait déjà été dehors. Mais comme c'est lui, je le laisse entrer, et même si je ne l'écoute pas, je le regarde. D'accord, c'est pas ce qu'on pourrait appeler un regard amical - je dois avoir l'air de plus ou moins d'une fille ennuyée et qui ne souhaite qu'une seule chose : qu'il s'en aille. Ce n'est pas le cas ... Mais je ne peux pas faire autrement. Il arrive déjà à la fin de ses leçons de rattrapage - et il va bientôt partir. Dommage. Autant faire comme si de rien n'était ... Finalement, ce n'est pas toujours évident d'être distante. J'aurais aimé qu'il reste encore ... Je l'aime, oui. C'est idiot de ma part, mais je n'y peux rien.
Et comme la porte se referme, le noir revient dans ma chambre. Je me mets à rire sans raison, peut-être à rire de moi-même et de la stupidité dont je fais preuve ... Peu m'importe. Il faut bien que je trouve quelque chose pour me défouler, et la basse ne suffit plus. Je veux partir, simplement avec lui, ma basse et rien d'autre. Mais je ne pourrais pas partir avec lui : de toute façon, il ne me suivrait pas. Dans le noir, je continue à rire de mon rire triste et glauque. Mieux vaut en rire qu'en pleurer ... Mais pourquoi j'en ris alors que je voudrais pleurer ?
Je suis seule, encore seule: je veux être seule. Je ne veux même pas le voir, lui; de toute façon, ça ne m'avancerait pas. Et à quoi bon? Après tout ce que j'ai fait, il n'y a pas grand chose que je puisse encore espérer. Si: au lieu d'une agressivité franche, j'ai le droit à un désintérêt franc. Ca vaut mieux: après tout ce que j'ai fait et vécu, je ne sais pas si je voudrais que les autres m'approchent. ne serait-ce que pour eux, je les préfère au loin, ils risquent moins. j'ai fait trop de choses qui aujourd'hui sont trop de regrets pour continuer à vivre, à sourire normalement. Je m'enferme dans ma chambre, je joue de ma basse et je me perds dans l'inconscience propre à ma douleur. Je suis simplement invivable.
Je m'en veux trop pour avancer - et si je ne suis pas morte déjà, c'est parce que rien n'est à ma disposition pour l'être. Je ne souhaite que la mort, je ne veux que mourir - et rien ne saurait m'empêcher de tenter cela. Une seule personne compte pour moi, et si il est venu me voir une fois, il ne reviendra pas. Je suis seule, sous ma douche froide, plongée dans mes larmes - je suis seule dans le noir de ma chambre. Je suis seule à pleurer, et je suis seule à vivre si mal dans ma chambre si sombre. Je veux mourir, et je ne veux que cela. sortie de la douche, je reprend ma musique. Et c'est le même rythme qui revient, toujours les mêmes notes, toujours les mêmes pensées. Putain, j'aime ma musique... je la préfère à tout le reste: laissez-moi mourir, et ma musique ne vous hantera plus. Je me hais, vous me haïssez: On pourrait me tuer, ce serait si simple.
Dans le noir, le rire se mêle aux larmes et aux notes pures. Je pleure, je ris même, et pourtant, je continue à jouer. De toute façon, rien n'a jamais tourné rond chez moi, et rien ne le sera jamais. Je suis trop étrange pour ça, je suis trop nulle pour valoir quoi que ce soit. J'ai envie de savoir que je peux encore faire quelque chose - jouer de la basse, c'est ma vie, c'est comme ça que je me raccroche à ce que j'ai été. Même si je ne suis plus rien, je peux encore penser à avant - à avant que je sois détruite. J'ai envie de tout foutre en l'air, mais par respect pour ce que j'ai été, je n'en ferais rien. Par respect de ce que m'inspire la basse...
Je suis seule, j'aime ma musique, je pleure.
Il fait noir, dehors comme dedans. Je ne fais toujours que pleurer, et la musique s'est arrêtée. Je ne pouvais plus continuer dans cet état, et j'ai posé la basse, doucement, sur le lit - allongée à côté, je pleure en silence, je pleure douloureusement sur moi-même. Laissez moi crever, je ne demande que ça, vous ne voulez que ça - alors pourquoi je ne suis pas morte? Pourquoi je ressasse la nuit ma mélancolie et ma tristesse? Pourquoi je en vais pas de l'avant, pourquoi je suis brisée de l'intérieur? Je n'en sais rien... je suis juste seule, affalée, sur mon lit, une main posée sur la basse. En fait, tout mes tourments se résument en une seule phrase: pourquoi c'est dur de sourire?
Là, je touche au fond du problème. Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai du mal à sourire, pourquoi, quand je souris, le premier mot qui me traverse l'esprit, c'est "hypocrite", pourquoi, quand je souris, je me sens fausse et imparfaite. Je ne sais pas vraiment pourquoi ça m'attriste, je ne sais qu'une chose: j'en pleure chaque soir, poursuivie par mes délires jusque tard dans la nuit. Je ne sais pas pourquoi ça me fait si mal, je sais juste que ça fait mal. Voilà tout. C'est dur de sourire, je ne sais pas pourquoi.
Les larmes coulent encore, et je ne vais pas mieux; le réveil montre trois heures vingt-sept minutes du matin. Encore trois heures trente-trois minutes et le réveil va sonner. Je compte les minutes, une à une, ma nuit va encore être longue. Je vais encore passer trois heures et trente-trois à ressasser mes sombres pensées, je vais encore passer trois heures et trente-trois minutes qui vont me sembler trois siècles et cinquante cinq ans. C'est triste pour moi, je vais passer encore tant de temps seule dans le noir.
Je ne veux pas pleurer, je veux savoir pourquoi c'est si dur de sourire - mais je ne vais que pleurer, pour oublier que c'est si dur de sourire.
Je ne suis pas sortie de la chambre, pas plus que j'ai dormi. Il est sept heures trente-sept du matin, j'ai pleuré toute la nuit et je suis allé prendre une douche. Je viens juste d'en sortir, et je me mets déjà jouer de la basse, doucement, calment, presque silencieusement. Je ne fais que ça de mes journées, mais en fait, c'est parce qu'elle veux bien tout prendre, ma basse: le matin, en jouant, j'oublie mes cauchemars éveillés de la nuit, et je les mets dans ma musique. Je ferme les yeux, et je trouve le seul repos de toute ma journée. C'est calme, c'est doux, c'est mélancolique. C'est triste, et ça ne fait pas sourire - mais je dois le dire, c'est admirable. Même objectivement, c'est admirable. C'est la seule belle chose que je sais faire. Et les yeux fermés, je la continue encore.
Je continue un moment, et je n'ouvre pas à celui qui frappe à la porte. La musique me fait trop de bien pour que je m'y intéresse. Quelques accords doux... encore cette tristesse. J'ai fermé la porte à clef? Non, j'ai perdu ces putains de clefs. L'accord s'arrête, j'ouvre les yeux, c'est lui. Il voudrait que je continue, je vois bien ça, mais il est là. Je ne m'y attendais pas, et je en sais pas si je vais pouvoir refaire ça. Il me regarde un peu, le silence s'installe. Je le regarde sans bouger, sans trembler - je le fixe durement, même si je voudrais sembler mieux à ses yeux. Et il parle enfin.
"Tu veux partir, non?"
*
* *
Sept heures trente-sept du matin, un an est passé. Huit mois depuis qu'on s'est enfuit ensemble, jour pour jour, un an depuis qu'il est entré dans ma chambre, minute pour minute. Je ne sais toujours pas pourquoi, le saurais-je un jour? Il est trop impénétrable. Il est magnifique, malgré tout, et je ne peux pas m'empêcher de l'admirer jour après jour, de plus en plus. Je le cache, c'est vrai, mais un jour, il faudra que je vois ce qu'il pense de moi. Qui sait, un miracle peut toujours arriver... Non, pas à moi. Je n'ai jamais eu de chance et je n'en aurais jamais, pas la peine de tenter le diable. Il ne ferait que briser mes espoirs.
Je joue toujours de la basse. Quelques accords de plus, quelques notes encore... Toujours pour s'enfuir, et même s'il est là, je reste seule à vivre mes cauchemars. Nous avons "acheté" une maison dans l'Arizona, quelque part près de Ph½nix: c'est pas trop cher, c'est salubre, c'est pas trop mal fréquenté. Il y fait assez sombre, et l'ombre de l'appart est ma meilleure arme contre la chaleur du désert; sans ça, je crèverai rapidement, je crois: il fait largement trop chaud pour qu'on puisse discuter sur le système de ventilation, c'est appart avec ou sans appart.
Oui, c'est peut-être pas la joie tous les jours, mais en tout cas, on s'installe assez bien dans le coin. Je continue à jouer, et je me suis trouvé quelques petits boulots en complétant le salaire de l'autre - je pense passer pro bientôt. Il travaille énormément, jour et la plupart de la nuit; sans ça, on irait pas loin. Mais il me dit qu'il va bientôt avoir une augmentation, et qu'il pourra laisser les travaux nocturnes. J'espère bien, il a l'air tellement fatigué... Je voudrais qu'il arrête de se tuer pour nous, je peux me prendre en main.
Ma vie me semble si fausse, si factice... C'est jamais facile de sourire.
Je suis en train de jouer, encore, sur la basse. Pas trop énervée, mais surtout inactive depuis trop longtemps. Je me défoule, je me vide de tout ce que j'ai en jouant encore et toujours sur la basse, en jouant et en jouant encore... J'aime ma musique, il n'y a qu'elle qui me supporte vraiment et entièrement. Il n'y a qu'elle qui prenne chacune de mes peines, sans mot dire, sans se plaindre; il n'y a qu'elle qui soit toujours à mon écoute. Peut-être que lui le ferait, mais il m'a l'air trop fatigué pour que je puisse me confier à lui. Et sûrement, il renversera toute ma confiance d'un revers de main, sans jamais s'intéresser à ce que je dis. Je suis trop faible pour pouvoir y résister, et je ne veux absolument pas ça. Je ne sais plus quoi penser, je veux juste me vider sur ma basse. Me vider sur ma basse pour tout oublier...
Je n'y arrive plus. C'est ignoble, je n'y arrive plus. Je n'ai envie que de ça, et pourtant... Je n'en peux plus. Je n'en peux plus de ces quatre cordes, je n'en peux plus de ces notes qui résonnent dans le vide de ma tête. Ca m'a toujours l'air si prévisible, je ne sais que trop quel sera le prochain accord, quel son viendra après. Je n'en peux plus, il faut que j'arrête ça. Il faut que ça arrête de se répéter, encore et encore, il faut arrêter ça. Que quelqu'un arrête ce bordel! Que quelqu'un arrête cette musique... Je ne veux pas l'entendre encore.
C'est trop répétitif, comme tout le reste: tout tourne en boucle, rien n'a changé depuis que nous sommes partis... arrêtez moi cette musique. Je passe encore mes journées dans une chambre noire, à jouer de la basse, à haïr ce monde, à attendre qu'on vienne frapper à la porte et à ignorer le visiteur. Encore et toujours, chaque matin la même musique qui recommence en boucle. Chaque matin en me levant, depuis un an, je joue les mêmes partitions; chaque matin en me levant, je sais ce que sera ma journée.
Arrêtez moi cette musique, ça devient lassant.
Je suis toujours seule, il fait chaud, il fait sombre - je continue mes notes, sans jamais m'arrêter. C'est lassant, c'est toujours les mêmes notes; c'est horrible, je ne sais pas quoi faire d'autre. Je continue de jouer sur ma basse, dans le noir et dans la chaleur. Je me sens bien, malgré tout, je me sens calmée. Vidée, exactement ce que je voulais. J'ai les yeux fermés, et je ne veux pas voir ce qui se passe - à quoi bon? Ca ne m'aiderait pas.
Je ne voudrais qu'une chose, en fait, c'est lui. Et chaque jour c'est la même chose, je fais semblant de l'ignorer. Et chaque jour, c'est les mêmes notes qui se répètent entre nous; et chaque jour, nous n'avançons pas. Il est midi, je ne veux pas manger - je n'ai pas faim, comme chaque jour. J'ai juste envie de continuer à jouer encore un peu, continuer les mêmes notes encore une fois. Je mangerais quand j'aurais faim -comme chaque jour. Laissez moi jouer cela, ça ne changera pas.
Peut-être que je voudrais que ça avance entre nous. Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est cette partition par c½ur. J'ai envie de lui, mais en même temps, je n'ai pas envie de vivre et de dépendre de quelqu'un. Peut-être quelqu'un y comprendra quelque chose - je sais très bien que je n'en sais rien, et que je ne saurais rien. Je vais encore continuer avec ma basse - je ne fais que ça, et toujours, et encore, et pourquoi donc changer? Cette musique est très bien... elle me suffit. Et surtout, que sera le prochain morceau? A quoi ressemblera-t-il? Sera-t-il bien?
Sera-t-il aussi parfait que cette musique?
Je continue, encore et toujours sur ma basse. J'en ai marre de répéter encore et encore les mêmes mouvements, ça me tue de continuer jour après jour chacune des mélodies. L'air est peut-être plus beau, mais mes doigts sont gourds, et je ne fait que répéter ce qui est évident. Je ne fais que recommencer chaque jour la même chose - comme la femme d'Ulysse. Peut-être un jour j'arriverais au bout - pour l'instant, je ne peux que recommencer encore et encore. Merde, arrêtez moi cette musique - coupez moi les mains pour que je en puisse plus jouer, bandez moi les oreilles pour ne plus l'entendre. Je n'en peux plus de ce rythme incessant, si monotone à mes yeux. N'importe comment, n'importe quoi: arrêtez cette musique.
Je ne peux plus vivre avec, elle me rappelle chaque jour à quel point ma vie est répétitive et lassante, à quel point elle est simplement évidente. Je n'en peux plus de ne rien faire - je n'en peux plus de cette musique qui se répète, jour après jour. Je n'ai pas de patience? Ca fait un an que ma vie se limite jour après jour à la même chose. J'ai de la patience, mais là s'en est trop. Je n'en peux plus de cette putain de musique, elle m'éc½ure - mais c'est la musique de chacun de mes jours, et si jamais je change, je ne pourrais pas me souvenir du thème précédent. Je n'en peux plus de ce train quotidien; je n'en peux plus de voir l'autre chaque jour de plus en plus mort, je n'en peux plus de jouer la même partition chaque jour.
Il faut que j'en change. Je ne fais que jouer chaque fois la même chose, pitié, laissez moi changer tout cela. Laissez moi faire ce que je veux, et laissez moi changer cette musique monotone et monocorde. Il faut simplement que je change un peu tout ça, il faut simplement que je change tout ça. Il ne faut plus qu'il soit seul à souffrir pour nous - il ne faut plus que je sois seule, jour après jour, et souffrir.
Je vais faire quelque chose.
Je suis encore seule quand mon rire retentit dans le sombre appartement. Faire quelque chose, oui, mais quoi? je ne sais pas où ça va m'amener, et je dois dire que je ne sais même pas ce que je pourrais faire. Je n'ai aucun talent - aucun qui soit suffisamment terre-à-terre pour en profiter maintenant. J'ai des rêves, j'en ai même beaucoup, mais ils sont tous irréalisable. Je ne sais pas ce que je veux faire... Je ne sais même pas ce que je peux faire, j'ai tellement haï les cours, j'aurais du m'accrocher. Mais non, rien à faire, je ne voulais qu'écouter mes propres envies. Mais pourtant, rien qu'à repenser à l'institut, je pense que nous avons bien fait de le fuir. Je n'en pouvais plus, encore pire que maintenant... le rire résonne encore dans la noirceur du logis.
Que faire? Je n'en sais rien. Peut-être que lui saura, peut-être qu'il me guidera... ou peut-être que d'un revers de main, il me brisera et m'ignorera superbement, me rendant la monnaie de ma pièce. Il aurait bien le droit, après tout ce que je lui ai fait subir. Une troisième fois, le rire résonne, mais cette fois il est plus joyeux et plus ouvert. Je n'en sais rien, mais je ne sais pas quoi faire d'autre que lui parler.
Je ferme les yeux, je crève de chaud. Je crois que je vais prendre une douche... Il fait sombre, il fait chaud - comme chacune de mes saloperies de journées. Je vais aller prendre une douche, puis l'attendre. Je ne vois aps quoi faire d'autre - si, arrêter de jouer de cette putain de basse. Je la repose, et j'éclate de rire dans le silence oppressant.
Mais mon rire sonne creux, comme toujours.
L'eau coule doucement, sinuant sur ma peau. C'est glacial, mais il fait trop chaud pour que je m'en plaigne; c'est glacial et c'est tant mieux. Dans ma tête résonne encore la musique... je ne veux plus que l'arrêter. Je ne peux plus l'entendre encore. Je ne veux plus entendre cette saloperie de musique, je veux l'ignorer, encore et encore - mais chaque jour, elle reviendra. Je le sais déjà... laissez moi quelques instant libérée, c'est tout de que je demande. Laissez moi un instant oublier cette odieuse mélodie - ayez pitié de moi, tuez moi, rendez moi sourde, n'importe quoi pour que cela cesse. Je tourne encore plus fort le robinet d'eau froide. Ce n'est même plus froid: je suis trop écrasée par l'eau pour sentir la température. Mais au moins le bruit couvre un peu la mélodie.
Je crois que je suis folle. Quand je baisse le robinet, j'entend encore cette saloperie... et elle m'attend pour continuer. Je ne crois plus que je suis folle - j'en suis sûre. Pitié, laissez moi tranquille, arrêtez cette musique... arrêtez cette musique! Je gueule autant que je peux, je gueule pour qu'on arrête cette saloperie - je ne tiens plus, je n'en peux plus, il faut que ça s'arrête. Sous la douche éteinte, je gueule, je pleure, et la musique continue. Encore et encore, et quand elle se finit, elle recommence... en avant la musique.
J'ai beau pleurer, chialer tout ce que je peux, ça n'attendrit personne: je reste nue sous la douche, à pleurer comme une conne en implorant les dieux sourds. J'ai beau gueuler, hurler tout ce que j'ai, ça n'interloque personne: je reste nue sous la douche, à crier comme une conne en insultant les dieux sourds. Je ne veux que finir cette musique, je ne veux que qu'elle s'arrête... Arrêtez cette musique! Et quand il arrive enfin, la seule chose que je peux faire, c'est pleure encore plus, dans ses bras réconfortants. Je me sens si petite, dans ses bras...
Je le serre contre moi, enfin, je le sens près de moi.
"... Arrêtez cette musique..."
*
* *
Je l'embrasse, je le serre, je le tiens contre moi. Je ne vais pas le lâcher, je l'aime - et il m'aime aussi. Je l'embrasse, je goutte enfin à ses lèvres, je peux enfin sentir sa langue, si douce, si bonne... Je l'aime, je l'aime à en mourir. Je suis près à tout pour lui. Dans ses bras, je veux rester dans ses bras - je ne pense même plus à cette musique obsédante.Je l'embrasse, j'embrasse ses lèvres, je m'accroche à sa bouche - et c'est ensemble que nous tombons sur le lit. Je ne le lâche toujours pas, et nue comme je suis, je sais déjà où ça va nous mener - mais ce n'est pas un problème pour moi. Je ne veux que ça, je ne désire que ça; je ne veux que lui, je ne désire que lui...
Je garde ma peau contre la sienne, je garde mes lèvres contre les siennes - ses mains bougent un peu, les miennes le déshabille. Je le veux, je le désire, je veux être avec lui - je désire être le plus près possible de lui. Je l'aime, je l'adore, je le désire. Mes lèvres s'avancent, elles descendent le long de son torse dénudé...je remonte lentement, serrée contre lui. Quelques mots chuchotés à l'oreille, et mes mains descendent plus bas que mes lèvres sont allées. Je me serre un peu plus contre lui, et il passe par dessus moi.
Je pousse un cri rauque, mêlant plaisir et douleur. J'ai attendu ça pendant si longtemps... Je suis enfin caressée par celui que j'aime, je peux enfin le prendre contre moi, je suis enfin prise dans son étreinte - je l'adore, je l'ai désiré si longtemps. Je l'embrasse, lui continue encore. Mon dieu, que de plaisirs... Il me lèche, il descend entre mes seins, il se retire un moment. Je pousse un soupir rauque, écho de mon cri de tout à l'heure - et je sais que ce n'est pas fini. C'est à moi cette fois, et je ne vais pas le décevoir. On roule ensemble, et je suis par-dessus lui.
Quelques heures plus tard, la nuit est tombée, et c'est épuisés que nous nous endormons dans les bras l'un de l'autre.
Le réveil est magnifique. Quand j'ouvre les yeux, c'est pour me blottir encore plus contre lui, et lui resserre ses bras sur moi. Je l'aime, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Mais finalement, le soleil fini par nous tirer de notre torpeur, et quand nous sommes bien réveillés, je décide de lui parler un peu. Pas tout de suite, d'abord, je veux rester un peu contre lui... Je peux enfin lui sourire, de joie et de bonheur, je me sens si bien, si près de lui. Enfin, je peux un peu sourire. J'entends encore la musique, mais elle est plus faible qu'hier, et je me sens mieux. Je souris enfin...! Je me sens si bien. Je ne sais pas comment expliquer cela, je me sens seulement heureuse et comblée. Je n'avais jamais ressentit ça auparavant, et je suis surprise par la douceur qui m'envahit. Je me sens si bien, et je peux sourire. Oui, depuis un an et un jour que je doutais de ça - mais maintenant, je sais que je peux sourire.
Mais il faut que je lui parle. Il le faut, même si je dois casser ce bien-être quelques instants, il le faut, ne serait-ce que pour lui. Je commence doucement, sans trop forcer la voix. Je lui explique que je ne veux plus le voir se tuer pour moi, et que je voudrais faire quelque chose pour lui alléger toutes ses souffrances. Quelque chose de concret, de réel, et qui soit utile... mais je ne sais pas quoi, il faut bien l'avouer. Je l'embrasse brièvement - je veux savoir ce qu'il en pense. Mon baiser est peut-être un peu long pour qu'il ne pense que cela - tant mieux.
Je croyais bien le cerner, mais il se met à rire. Pourquoi, je ne sais pas, mais il ne se justifie pas. Il est quand même superbe avec son sourire angélique, il est simplement merveilleux. Je me fiche pas mal qu'il rit de moi, je veux juste sa réponse. Il me la donne, et je saute sur lui. Pendant que nous refaisons les exploits de la veille, je repense à ce qu'il m'a dit...
Passer pro?
J'ai repris la basse. Et cette fois, c'est pour me donner à fond. J'adore ma musique, presque autant que celui qui est maintenant mon petit ami; peut-être plus. Je dois simplement montrer ça à tout le monde... Bizarrement, je me sens encore plus dénudée comme ça que je l'étais avec lui, il y a à peine quelques instants. Cette musique est avec moi depuis tellement longtemps, je ne sais pas très bien comment expliquer ça; elle est seulement avec moi depuis si longtemps. Quelques accords, quelques notes, il faut que je sois parfaite. Quelques accords, quelques notes - il faut que je sois parfaite si je veux réussir. Et je ne veux qu'une seule chose désormais: réussir, seulement réussir.
Lui est parti, et je suis seule maintenant à jouer dans la chambre sombre cet air que je perfectionne jour après jour. Je suis assez fatiguée, et je ne sais plus très bien pourquoi cette musique m'obsédait. Je sais que je n'ai pas fini de l'entendre, et qu'elle me poursuivra encore longtemps. En attendant, je cherche à mettre des paroles par dessus, histoire de varier un peu et de perfectionner tout ça au maximum. Parce qu'il faut que ce soit parfait, alors que je ne l'ai jamais été. Parce qu'il faut que cela ne soit perfection, la perfection issue du chaos que je suis.
La fatigue part peu à peu, je suis trop absorbée par ma musique; je veux jouer cela parfaitement. Les notes grandissent, les accords volent - et la musique s'anime, et la musique prend vie. Les notes se suivent une à une, et une pensée en moi, comme l'écho de celles d'un an et un jour plus tôt, retentit: j'adore ma musique. Je veux maintenant qu'elle soit parfaite, pour que ceux qui me haïssent soient bien obligés de voir que ma musique, elle, n'est qu'adorable.
Les yeux fermés, les mains courent. La musique se crée, la musique continue, les notes se taisent une à une. Il faut que cette fois, ne serait-ce que cette fois, je sois parfaite. Pas une seule fausse note ne doit se faire entendre, pas une seule: sinon, je n'aurais pas réussi ce que je voulais. Et pour une fois, je ne joue pas que pour moi - je joue aussi pour nous, pour qu'il arrête de se tuer pour moi. Simplement qu'il arrête, il vaut mieux que tout ça. Il est si adorable, il ne devrait pas tant souffrir. c'est pour lui que je joue aujourd'hui, c'est pour lui que je fais tout cela.
Si je rate cette fois, c'est perdu. J'ai déjà foiré lamentablement deux passages, je ne pourrais plus me représenter encore si ça foire cette fois aussi. Il faut simplement que ça soit parfait, j'ai passé des mois à jouer ces accords pour qu'ils le soient. Mais je sais déjà où ça va nous mener, je sais déjà que ça ne sera jamais parfait. On peut toujours rêver, non? Il faut que je rêve, pour m'enfuir de ce quotidien d'enfer. Il faut que je rêve un peu... Et que ma musique soit parfaite, juste parfaite. Ni plus ni moins, ça m'a l'air simple à comprendre.
Mais impossible à faire. Les yeux se rouvrent, les mains trébuchent - j'arrête. Passer pro? Qu'est-ce qui m'a pris? Qu'est-ce qui m'est passé par la tête? Qu'est-ce qui, lui est passé par la tête? C'est la dernière chose que je veux! Ma musique, c'est moi, et je n'ai aucune envie de m'offrir au monde entier. Je n'ai pas envie de finir comme nombre de ces "stars" qui se suicident sous la tension. Je ne veux pas finir comme nombre de ces "stars" qui pour retrouver la gloire, se mettent à planer. J'ai qu'une vie, je ne vais pas la gâcher. J'ai qu'une vie, je veux la passer avec lui, pas sur la scène. Je ne peux faire qu'une chose: me barrer. Ce n'est pas ici que je dois tenter de gagner ma vie.
Et merde, qu'est-ce qui m'a pris?
Et merde, qu'est-ce qui m'a pris? Je pouvais peut-être le faire, mais maintenant c'est trop tard. Je suis partie, je ne peux pas revenir. Je ne veux même pas revenir. La basse hurle dans l'immeuble, et ma rage et mon désespoir ne sont reflétés qu'en ce parfait miroir - et ma rage et mon désespoir valent bien mieux que toute cette perfection éc½urante. Personne n'est parfait, et je ne veux absolument pas le devenir.
Sept notes lourdes appuient mes pensées, comme un marteau appuie sur un clou. Sept coups sombres réveillent ma tristesse, et sept coups sombres la transforme en rage. Rage contre moi, qui aurait peut-être pu passer pro. Rage contre mes idées de perfection, qui ne valent rien, et qui ne sont au mieux qu'éc½urantes. Rage contre lui, qui m'a mis de telles idées en tête. Rage contre moi, pour lui en vouloir - il ne pouvait pas savoir! C'est idiot, peut-être, mais il faut bien que je me défoule. Et je ne peux me défouler qu'avec la basse, et la basse hurle dans l'immeuble. On a déjà essayé de m'arrêter, on a frappé à la porte, au sol, au plafond, aux murs - rien n'y fait, il faut que je me défoule.
La clef tourne dans la porte. Je sais que c'est lui. Je sais qu'il a compris pourquoi je me défoule. Je sais que s'il m'approche, je vais lui gueuler dessus. C'est lui, il a compris pourquoi je me défoule - il approche. Ma main vole, je le gifle. Ce n'est pas sa faute, mais s'il ne m'avait pas donné ce stupide conseil... Et c'est en le regardant que je me dis que cette fois, j'ai peut-être trop merdé. Je me sens mal de lui avoir fait ça. Mais je n'y peux rien, je déteste cette perfection qui m'est entrée dans la tête, je déteste cette idée qu'il m'a donné.
Je déteste ce regard, triste et déçu, qu'il me renvoie.
Pourquoi la perfection? On en a parlé tellement longtemps. Moi, ça me dégoûte, ça me dégoûte tellement. Ma vie ne sera jamais parfaite, mon passé sera toujours imparfait. Mon caractère ne sera jamais parfait, je continuerais souvent à m'enflammer pour rien. Je ne serais jamais physiquement parfaite, j'aurais toujours des petits seins et je ne serais jamais grande, non. Je ne serais jamais une musicienne parfaite, je pourrais toujours faire une fausse note avec ma basse. Cette perfection qu'on recherche tant, ça me dégoûte. Parce qu'on ne peut pas l'atteindre, aussi dur qu'on le veuille: on ne peut pas s'empêcher d'être imparfait. Et pourtant, on cherche toujours cette saloperie de perfection... La perfection est si vicieuse. Elle vous demande tout pour le prendre, sans qu'on puisse se plaindre. La perfection vous dépouille de tout... Etre parfaite demande tellement - trop pour moi. Je dois être parfaite pour nous deux, je dois être irréprochable - et je ne peux pas. C'est au-dessus de mes forces. Il me faut ne jamais sortir du droit chemin - et qu'est-ce que j'en ai à faire, du droit chemin? Rien. Il me faut ne jamais avoir été salie - et alors, pour moi c'est mort avant d'avoir essayé? Oui. Il me faut ne jamais me tromper - mais putain, je ne suis qu'une humaine, y arriverais-je? Non.
Je ne serais jamais parfaite. C'est éc½urant. Juste éc½urant de voir à quel point on est pathétique à s'essayer à quelque chose qu'on ne peut pas réussir. Ec½urant de voir que tout ce que tu peux faire ne servira à rien. Ec½urant de savoir qu'il y aura toujours plus parfait que toi. Ec½urant de savoir que celui que tu aimes t'aime aussi imparfaite que tu sois. Ec½urant de savoir que lui, à tes yeux, sera toujours parfait. Ec½urant de savoir que lui, au yeux de tous, s'efforcera d'être parfait. Alors que toi tu l'aimes, aussi imparfait qu'il puisse être. Je ne serais jamais parfaite!
Mais la seule chose qui m'éc½ure vraiment, c'est de savoir que lui est parfait. Pas qu'à mes yeux, il est parfait, simplement. Il est parfait, merde... Il m'a expliqué pourquoi la perfection était une partie de sa vie. Je comprend qu'on veuille devenir parfait quand votre mère meurt sous vos yeux, sans autres mots pour vous que "sois irréprochable". Pourquoi es-tu parfait? Je ne peux plus vivre avec toi, maintenant je suis trop éc½urée de tout ça. Pourquoi? Après tout ce qu'on avait fait, pourquoi il a fallut arriver à cette fin immonde? Pourquoi es-tu parfait? Pourquoi peux-tu vivre sans faire aucune faute? Pourquoi toi tu peux et pas moi? Je te hais, je te hais toi que j'adore... Qu'est-ce que je vais faire, maintenant, avec mon arme dans la main?
Tuera, tuera pas?
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La douille retombe, dans un silence de mort.
Pourquoi ai-je tiré? Pourquoi est-ce qu'on est allés jusque là, si c'est pour finir aussi mal ? Pourquoi est-ce qu'on a fait tant de miracles, si ce n'est que pour cette fin immonde ? Je ne sais pas, je ne sais plus rien ... Je ne peux plus que pleurer, sur ce corps encore chaud, qui, il y a à peine quelques secondes, m'aimait encore - je ne peux que pleurer, alors qu'encore une fois, il a fallut que tout se détruise devant moi ... Encore.
La douille retombée, le silence est de mort.
Ouah. On en retrouve de ces choses en fouillant dans les docs. Enfin bref, celui là était pour un très beau forum - Time Chronicles- qui malheureusement est un peu mort ^^"
Mais non! ce forum vit toujours! Enfin, plus exactement il est en salle de réa.